Être féministe c'est...
• croire d'abord et avant tout en l'égalité des femmes et des hommes• reconnaître la capacité des femmes à déterminer leurs luttes et à contribuer à leur émancipation
• agir collectivement pour que cesse toute situation de discrimination envers les femmes.
Mise en contexte
De tout temps, les hommes ont assujetti les femmes, les ont soumises, contrôlées. Le système patriarcal a confiné les femmes dans la sphère privée tandis que les hommes évoluaient dans la sphère publique, valorisant ainsi le modèle pourvoyeur-ménagère et la division sexuelle du travail. Les femmes étaient considérées comme des êtres inférieurs, inaptes et incapables de raison, qui devaient être encadrées par l'autorité du père ou du mari. De ce fait, elles étaient considérées comme des mineures devant la Loi. Ce système a contribué à restreindre ou dénier les droits des femmes ainsi que leur accès aux ressources économiques, sociales, politiques et culturelles.
De tout temps, des femmes ont refusé de croire qu'elles étaient inférieures. Elles étaient convaincues qu'elles étaient égales aux hommes et qu'elles pouvaient elles aussi participer pleinement à la vie en société. Les premières luttes des femmes ont débuté par le droit au travail salarié, le droit d'encaisser leur propre salaire et le droit de participer à la vie citoyenne (droit de vote et d'éligibilité). Ces luttes ont rallié un nombre considérable de femmes, qu'on a d'abord appelées suffragettes, puis féministes. Au Québec, comme ailleurs dans le monde, des mouvements de femmes sont nés pour obtenir l'égalité de droits pour toutes les femmes. Les grandes luttes pour l'égalité se sont traduites, entre autres, par la reconnaissance des femmes à titre de personnes, l'obtention du droit de vote, de l'accès au marché du travail et à l'éducation supérieure, du droit à la contraception et à l'avortement, du droit au divorce, de l'égalité juridique des femmes mariées, du partage de l'autorité parentale dans la famille, etc.
De l'égalité de droits à l'égalité de faits
Malgré ces formidables avancées en terme de droits, force est de constater que les femmes n'ont pas acquis pour autant l'égalité de faits, c'est-à-dire la possibilité d'exercer pleinement leurs droits. Une discrimination systémique s'exerce toujours à l'égard des femmes dans plusieurs domaines, discrimination qui prend appui sur des structures et des institutions qui reproduisent les inégalités entre les femmes et les hommes. Les mentalités et les stéréotypes sexuels ont la vie dure et reproduisent les inégalités à l'encontre des femmes, qui se heurtent dans plusieurs domaines à un plafond de verre, seuil invisible qu'elles ne peuvent franchir. Ces réalités que vivent les femmes ont un poids énorme sur leurs épaules et freinent leur participation sociale et politique.
Malgré leur envie d'intégrer toutes les sphères de la société, les femmes demeurent peu nombreuses dans les postes de pouvoir, que ce soit en politique ou dans les postes de gestion. Les résistances sont grandes pour accueillir et supporter les femmes à intégrer des métiers traditionnellement masculins. Ces métiers représentent 75% des emplois actuels et offrent des conditions de travail et salariales plus avantageuses. Les femmes se retrouvent majoritairement dans des secteurs traditionnellement féminins : éducation, soins de santé, vente et services, etc. Ces domaines sont encore peu valorisés, sous-payés et maintiennent souvent les femmes dans des situations de précarité et de pauvreté.
À tout cela s'ajoute la double ou la triple tâche en conciliant travail/famille/études/participation citoyenne. Les femmes sont encore perçues comme les principales responsables de la famille. Elles assument toujours la majorité des tâches domestiques, des soins aux enfants et aux personnes malades ou dépendantes en plus de devoir correspondre à des modèles de beauté contraignants. Il faut aussi souligner l'ampleur de la violence qui s'exerce envers les femmes et qui est l'expression du contrôle de la société patriarcale sur le corps et la destinée des femmes. La violence contre les femmes prend plusieurs formes, parfois visibles, la plupart du temps subtiles. Que ce soit la violence physique, psychologique, verbale, économique, le viol, les agressions sexuelles ou psychologiques, le harcèlement, la prostitution, l'industrie du sexe, l'hypersexualisation ou le ressac anti-féminisme, toutes ces formes de violence sont inacceptables et doivent être ardemment combattues.
Nos luttes
Afin que l'égalité de droits devienne l'égalité de faits entre les femmes et les hommes et entre les femmes elles-mêmes, nous devons continuer nos luttes pour enrayer la discrimination systémique à l'égard des femmes et pour améliorer la qualité et les conditions de vie des femmes. Pour ce faire, il nous apparaît essentiel d'affirmer notre féminisme et de poursuivre nos actions collectives par et pour les femmes.
Pour en savoir plus, consultez Le féminisme, ça clique.